Il
est très difficile de parler de sa prière silencieuse,
de partager ses découvertes intimes, de mettre en mots les
émotions spirituelles. D’ailleurs, avons-nous à
rendre compte de ce fameux espace de secret auquel seul le Père
céleste, qui voit avec les yeux du cœur, a accès
?
À la difficulté de mettre en mots, répondent
les coups de pinceaux et la recherche de toute une vie à
capter la lumière. Le célèbre peintre du noir
y réussit bien : le désert et le silence de sa peinture
c’est la fidélité à cette couleur «
du noir et rien d’autre ».
Matthieu 6,1-18
« Gardez-vous de pratiquer votre justice devant
les hommes pour attirer leur regard ; […] afin que ton aumône
reste dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret,
te le rendra. […] Pour toi, quand tu veux prier, entre dans
ta chambre intérieure, ferme ta porte et prie ton Père
dans le secret. Et ton Père qui est là dans le secret
te le rendra. […] Pour toi, quand tu jeûnes, parfumes-toi
la tête et lave-toi le visage, […] et ton Père,
qui voit dans le secret, te le rendra. »
Au
premier plan, les larges coups de pinceaux ont déposé
l’encre noire en bandes diagonales et horizontale laissant
quelques blancs, quelques respirations, quelques vides, quelques
silences.
Et, à travers ces heureux espaces, non recouverts, non fermés,
non bouchés, non verrouillés, non occultés,
se laissent voir en transparence une autre vie, une autre histoire,
une autre aventure.
Il y a tout d’abord quelques coups d’encre ocre et aussi
le blanc du papier.
La vie en couleur est là, cachée, au secret, derrière
le rideau des dynamiques et écrasantes bandes noires.
Et encore derrière, tout derrière la couleur, le vide,
le blanc, l’immense espace suggéré par quelques
espaces laissés vierges.
La peinture est alors révélatrice d’un autre
monde que celui dessiné : celui de derrière le dessin,
celui de derrière les apparences, de derrière les
évidences. Le monde du cœur, le monde de la chambre
intérieure, le monde du silence, le monde de la liberté,
le monde de la rencontre avec Dieu, notre Père.
Aujourd’hui, je suis face à un choix
: occuper le devant de la scène ou me cacher derrière
le lourd rideau opaque du secret. Jésus nous y invite. Soulages
nous ouvre l’espace.
Dans la vie spirituelle, il n’est pas question de s’endormir,
de se confiner ou de se recroqueviller. Non !
C’est le temps du réveil : se laver le visage à
grande eau et se parfumer la tête. À chaque percée
sur la toile ou dans l’évangile, c’est un appel
au grand large.
Oui ! Notre délivrance et proche.
Sr Nathalie 17 février 2010
Pierre Soulages, Sérigraphie
n°24, 1999, 105 x 75 cm - 94 x 65 cm, BNF Estampes et photographie.
Tirage en 120 épreuves et 20 épreuves d’artistes
numérotés sur papier vélin.
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