Et voilà que d’un seul coup,
c’est une croix qui dévore tout sur son passage,
une croix qui est devenue
l’axe autour duquel tourne le monde.
C’est une croix qui domine,
qui massacre et qui écrase.
Et voilà que d’un seul coup,
c’est une croix qui fait baisser les têtes,
une croix qui fait mal.
Ce n’est plus seulement une croix de vendredi saint,
c’est une croix de tous les jours.
Une croix, la croix qui fait mal à la vie
la croix de chacune, de chacun,
elle est là en ce moment.
Il sont là en ce moment.
Personne n’est oublié, personne n’est exclu.
Derrière cette croix de bois, c’est une croix de mort.
Ce n’est pas une croix d’honneur.
C’est une croix odieuse, une croix d’horreur,
une croix perverse,
une croix sadique, un outil de torture,
une croix qui prend son plaisir à faire souffrir 
et à voir souffrir.
Et voilà que d’un seul coup,
c’est une croix qui devient un chemin,
un chemin de croix.
Cette croix qui barre la route,
cette croix qui biffe, qui raye, qui rature,
qui nie et qui renie et qui cloue sur place,
cette croix qui interdit, soudain,
ouvre un chemin, chemin de croix,
croisée des chemins, carrefour.
C’est une croix qui se fait chemin, chemin de croix.
Et c’est Dieu qui prend ce chemin,
et qui en fait son chemin.
Et c’est Dieu qui dit :
« Je suis le chemin, la vérité et la vie… »
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