Le tilleul était condamné
Gui Lauraire le savait
Quand Taral soufflait
Aux sœurs, il disait :
« Pour Laudes ou pour Matines
Quand à l’Église vous irez
Levez la tête et priez
Et le cas échéant, courrez!
Marie Ernestine, au jardin
Il ne faut point s’éterniser ! »
Presque jaloux de son voisin de la place
Il n’en avait point la notoriété ou la convivialité
Ni même de celui qui l’avait précédé
L’arbre de la liberté
Sans acte de naissance et donc sans papier
Il était pourtant arbre de la sérénité
« Comment le calme tu offrirais
Si toi-même n’en avait »
Les nuits sans sommeil
C’est ainsi que Gui Lauraire le consolait.
A vrai dire, il se sentait esseulé
A Gui Lauraire il l’avait avoué :
« Tes paroissiens, pendant tout l’été
A part le temps d’un apéro
Mon ombre ne savent apprécier
Et ma tisane l’ont-ils seulement gouttée ?
De ma présence ici quelle est l’utilité ?»
En ce dimanche 10 avril 2011 son sort fut scellé
Le Taral a parlé, parfois, il ne sait pas plaisanter,
Voulant simplement le faire chanter
Juste avant la messe il nous l’a fracassé
Ainsi
le tilleul aura-t-il son acte de décès
Et tous les sauta rocs de le regretter pour sa beauté
Pendant que Gui Lauraire, de l’avoir épargné, le bénissait.
