- Un chemin d'Avent avec la Parole
...
Lire les récits de l'enfance de Jésus
en St Luc, pour redécouvrir avec Syméon, Zacharie et
Marie la joie de la venue de Celui que nous attendont ...
Rendez-vous au Carmel à St Guilhem à
20h30
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- Echo de la 4ème rencontre du 19 decembre
- Le mystère de l’Incarnation
ou une naissance pas banale:
Nous avons lu : " la naissance de Jésus"
(Lc 2,1- 2,21)
Ce soir, nous partageons les vingt premiers versets
du chapitre II de Luc : "la nativité",
ou autrement dit "la naissance du Sauveur du monde".
Dès les premiers versets, la rédaction précise
de notre historien Luc - qui mentionne les titres des dirigeants
(empereur et gouverneur), ainsi que le contexte du recensement -,
nous montre que notre Dieu entre dans l’histoire des hommes.
Et tous, autour de la table, nous notons les petits détails
d’une naissance ordinaire, somme toute banale : l’accouchement,
les langes, les gestes maternels de Marie, la circoncision au huitième
jour. Ses parents et lui-même n’ont aucun passe-droit,
il n’y a plus de place pour eux : l’enfant n’est
ni reconnu, ni attendu. Ils subissent comme n’importe quel
"pékin" moyen la saturation des grandes migrations.
Et pourtant … Se mêle, au récit de Luc, l’extraordinaire
d’une naissance pas tout à fait comme les autres. L’enfant
est de la race du roi David (mentionné trois fois), une lumière
enveloppe les bergers (seuls veilleurs des champs), un ange leur
parle aussitôt rejoint par une armée céleste
chantant la gloire de Dieu.
Marie, figure centrale :
Entre l’affluence à Bethléem et l’événement
de la naissance dans le silence de la crèche, entre la visite
des bergers bavards et la présence discrète de Joseph,
se tient Marie. Elle qui « retenait tous ces événements
en les méditant dans son cœur ». Belle figure
d’intériorité, de retenue, de prière
: toute à l’écoute de la Parole qui ne s’entend
que dans le silence du cœur.
La merveilleuse nouvelle d’aujourd’hui.
« Tout à coup il y eut avec l’ange l’armée
céleste en masse qui chantait les louanges de Dieu »
(v.13). « Les bergers s’en retournèrent,
chantant la gloire et les louanges de Dieu » (v.20).
Quand le ciel rencontre la terre, retentit la même louange,
la même Bonne nouvelle. Mais, le grand bouleversement opéré
par cette naissance, c’est que l’ange a choisi ceux
que l’on pointe ordinairement du doigt : les impurs, les exclus,
les sans mœurs et les va-nu-pieds.
Et si accueillir Jésus, aujourd’hui, c’était
de descendre au plus bas, dans la noirceur de la mangeoire et des
langes (prémices du tombeau et du linceul). Consentir, comme
Jésus, à la pauvreté et partager, comme lui
et avec la Petite Thérèse, « la table des pêcheurs
».
Le voilà notre pays de mission, celui où
se révèle, s’annonce et se propage à
l’infini la grande clameur du peuple des sauvés : «
Alléluia !/ Chantez au Seigneur un chant nouveau ;/ Chantez
sa louange dans l’assemblée des fidèles./ Qu’Israël
se réjouisse de son Auteur,/ Que les fils de Sion fêtent
leur roi./ Qu’ils louent son nom par la danse ;/ Qu’ils
jouent pour lui du tambour et de la cithare./ Car le SEIGNEUR favorise
son peuple ;/ il pare de victoire les humbles.»(Ps 149,1-4).
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- Echo de la 3ème rencontre du 12 decembre
Nous avons lu : " la naissance de
Jean" (Lc 1, 57 – 2,1 )
Cette lecture nous a interpellés sur plusieurs points,
dont :
- Grâce et miséricorde:
Le jour où Elisabeth met au monde un Fils, ses parents et ses
voisins apprennent ou plutôt entendent qu’elle est comblée de
la bonté du Seigneur, autrement dit : que le Seigneur lui fait
grâce. Cette grâce, cette miséricorde du Seigneur ne cesse d’être
mentionnée tout au long de ce texte, pourquoi ? Qu’est-ce que
Luc veut nous dire ?
- Un passage par une parole vraie :
Ces même voisins et parents veulent
appeler ce nouveau-né : Zacharie, comme son Père (selon la coutume
en Israël), ce qui signifie « Dieu se souvient »,
Et Elisabeth répond avec une "douce" fermeté : « Non
il s’appellera Jean, ce qui signifie : « Dieu fait
grâce » !
Ses parents et ses voisins font référence au Dieu de l’Ancienne
Alliance qui a entendu la misère de son peuple, qui s’est souvenu…
alors qu’Elisabeth, elle qui a reconnu en Marie la Mère de son
Seigneur (1,43) affirme que Celui qui lui fait don de
cet enfant est le Dieu de la grâce, de la miséricorde, Celui que
Jésus, dans la Nouvelle Alliance manifestera par toute sa vie.
Ainsi Elisabeth fait advenir le moment où s’accomplit la promesse.
Et nous sommes obligés de nous situer par rapport à sa parole
; on ne peut plus dire qu’on ne savait pas.
Par sa parole, Elisabeth fait passer ses voisins
et ses parents de « Dieu se souvient » à « Dieu
fait grâce », tout un programme !
Zacharie venant confirmer la parole d’Elisabeth, est alors libéré
: « à l’instant sa bouche et sa langue furent libérées et il
parlait bénissant Dieu » (cf guérison de l’épileptique) Nous
le voyons, quand une parole de vérité est dite, chacun est remis
à sa place ! La parole d’Elisabeth, c’est elle qui libère Zacharie
et du coup, après cet parole, le peuple pourra se poser la vraie
question : « Que sera donc cet enfant ? » Et Zacharie pourra
remplir son contrat en disant : « Béni soit le Seigneur… ce
"Benedictus" (1,68-79) le chant de reconnaissance du peuple d’Israël.
Oui, Dieu qui ne cesse de nous faire grâce, nous est apparu afin
de guider nos pas sur la route de la paix !
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- Echos de la 2ème rencontre du 5 decembre
Nous avons lu : " L'annonce de la
naissance de Jésus" (Lc 1,26-56 )
Ce soir, notre péricope englobe les récits de l’Annonciation,
de la Visitation et le Cantique de Marie : le "Magnificat".
Rien de nouveau à la lueur de notre bougie, car nous connaissons
tous, par cœur, ces deux très beaux récits
et ce chant d’exultation, patrimoines de notre culture chrétienne,
et presque mythologies : Luc ayant choisi de nous raconter le
mystère de la naissance du Messie sous la forme d’un
récit où l’ordinaire d’une jeune fille
de Galilée se mêle à l’extraordinaire
d’un ange du ciel. Car c’est bien de cela qu’il
s’agit : La visite inopinée du ciel à la terre,
où Marie devient leur trait d’union.
Une nouveauté, un inédit.
C’est « Marie-la-neuve » que nous présente
l’évangéliste. Au contraire d’Elisabeth
et de Zacharie, attachés au Temple de Jérusalem,
et riches d’une grande lignée sacerdotale ; Marie
est vierge de toute histoire, de tout héritage, de toute
référence, de tout lieu. Elle est la liberté
même, « de la race de l’avenir » et pourra
donc « accoucher du futur ». Sa pauvreté
et sa simplicité sont comme le gage et déjà
les prémices de la vie évangélique. «
Heureux les pauvres, heureux les doux, heureux les cœurs
purs ! »
L’engagement de Marie.
Ce soir, c’est l’attitude de Marie, qui se fait tout
accueil à la Parole de l’ange Gabriel, que, chacun
de nous, nous retenons. Tout en abandon et en délicatesse
est la sublime réponse de la jeune fille « qu’il
me soit fait », à la forme passive. C’est
toute sa vie qui est en jeu, et pourtant, elle s’en remet
totalement à Celui qui est le Très-Haut. Mais, son
effacement et sa discrétion sont total engagement au dessein
de Dieu : c’est en toute hâte qu’elle court
chez Elisabeth recevoir le signe de ce qui lui arrive, par la
maternité miraculeuse de sa cousine. « Marie
n’a pas appris son rôle par cœur avant de le
jouer, elle vit une histoire, elle s’engage pas à
pas dans une expérience qui lui prend toute sa vie. Elle
n’applique pas les consignes de la foi, elle vit et c’est
sa vie qui est sa foi. »
La Sainte Trinité.
« L’Esprit Saint viendra sur toi et la puissance
du Très-Haut te couvrira de son ombre » : la
réponse de l’ange n’en est pas vraiment une.
Il ouvre la vie de Marie au mystère du Dieu Trinitaire.
C’est toute l’intelligence du rédacteur Luc
qui dans un raccourci saisissant nous livre une invitation à
croire : nous croyons en un Dieu qui agit en nos vies par le mystère
de sa puissance (l’ombre) et par son Esprit qui vient sur
nous.
C’est avec cette lecture d’un Dieu intérieur
qui meut tous les cœurs qui écoutent et les met en
relation les uns avec les autres que nous entrons dans les tressaillements
d’allégresse des deux petits à naître
et de leurs mères. Occasion d’oser un parallèle
avec le tressaillement de Jésus adulte au retour de mission
de ses disciples : « A l’instant même, Jésus
exulta sous l’action de l’Esprit Saint et dit "Je
te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir
caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir
révélé aux tout petits. » (Luc
10,21).
Un chant d’allégresse.
L’action de l’Esprit aux cœurs des petits devant
Dieu ne peut qu’éclater en chant de joie et de reconnaissance
: « Mon âme exalte le Seigneur … ». Et
nous chantons avec eux !
(Les citations sont extraites d’un
commentaire de Jean Debruynne, 1000 textes, Les Presses d’Ile
de France, 2002, p.34)
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- Echo de la première rencontre du 28 novembre
Nous avons lu : "l’annonce de
la naissance de Jean" (Lc 1,5-25),
Cette lecture nous a interpellés sur plusieurs points,
dont :
- la prière :
Dans sa prière Zacharie n’intercède pas que
pour lui-même mais aussi pour et avec tout le peuple qui
est resté dehors.
Ainsi les prières particulières se fondent dans
une prière universelle.
Nous pouvons nous interroger : notre propre prière est-elle
ouverte à l’universel?
- l’ange :
Zacharie est saisi de crainte à la parole de l’ange.
Les anges que nous voyons sur l’autel de l’abbatiale,
ne nous font pas peur parce qu’ils ne nous parlent pas,
mais imaginons un instant que l’un d’eux vienne nous
parler !...
Toute manifestation de Dieu met l’homme dans la crainte.
- Une situation similaire à celle
de Zacharie dans le Premier Testament (ou Ancien
Testament) : celle où Dieu se manifeste en songe à
Abraham pour lui annoncer la naissance d’un fils et un pays
en possession.
Lui, l’homme juste, père de tous dans la foi, réagit
par une question « Mon Seigneur, à quoi saurai-je
que je le possèderai ? » qui frôle le même
doute que Zacharie: « A quoi connaîtrai-je cela ?
»
Pourquoi l’ange "sanctionne" -t-il Zacharie alors
qu’il n’avait pas sanctionné Abraham? Zacharie
n'est pas sans connaitre l’histoire de l'Alliance de Dieu
; connaissant l'exemple d'Abraham il aurait du faire confiance
et ne pas douter de la parole de l’ange.
- Attitude du peuple par rapport au mutisme
de Zacharie
C'est extraordinaire, Zacharie ne peut rien dire et le peuple
comprend ! Le peuple dans l'attente est en mesure de comprendre
le silence de Zacharie comme un signe.
Merci à chacun et à chacune pour
ce partage, « Cela fait vraiment plaisir de voir tout
ce que le texte peut me dire en le lisant avec d'autres. Lorsque
je l’ai lu toute seule, cela ne m’a pas tant parlé!
» Cette remarque d'une des sœurs de la communauté
seront les mots pour conclure!
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