Contenu de la rencontre
: En guise d’amuse-bouche…
Compte-rendu de session « Culture et formation Chrétienne »
« Le goût, Seigneur ouvre mes lèvres ! »
9 et 10 janvier 2010


En guise d’amuse-bouche : quelques références scripturaires …

Nous avons commencé par lire la Bible et par travailler trois textes, pour y débusquer de nouvelles saveurs autour de ce dénominateur commun qu’est « Le corps sollicité ».
En lisant : Marc 7,31-37 (La guérison d’un sourd-muet) ; Genèse 27,1-40. (Isaac à Jacob « Qui es-tu mon fils ? ») et saint Paul aux Romains 10,8-18 (La transmission de la Bonne Nouvelle et le Salut universel).

Pour hors-d’œuvre : le vocabulaire et les organes du "goût" et de la "parole"

La bouche, les dents, les lèvres, la langue, le goût, la parole : une incursion dans le lexique biblique, nous a permis de noter quelques formules imagées comme « Ouvrir la bouche » qui signifie « parler » ; ou encore « Devenir la bouche d’un autre » pour « porte-parole ».
Le corps de l’homme étant la clef de compréhension imagée de tout l’univers, il n’est pas étonnant de retrouver une analogie avec la nature avec un langage métaphorique. Par exemple « La terre ouvre sa bouche » pour engloutir.
Ainsi, tout ce qui touche à la bouche à rapport à la vie : comme notre expérience de vie divine « Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur » (Ps 34,9), et comme notre nourriture.

Le plat de résistance : la symbolique des repas dans la bible

« Le Seigneur, Dieu de l'univers, préparera pour tous les peuples, sur sa montagne, un festin de viandes grasses et de vins capiteux, un festin de viandes succulentes et de vins décantés. » (Is 25,6). Dans cette longue histoire de l’alliance qu’est bible, il y a 729 repas et 232 prières … C’est dire combien le repas est lieu de révélation.
Avec Jésus, la nourriture est omniprésente : allusions, paraboles ou réelles invitations. Les repas sont nombreux auxquels participe celui qui est l’enfant Dieu « dans la mangeoire » (Cf. Lc 2,7.12.16), jusqu’à celui qui se donne à manger « prenez et mangez en tous, ceci est mon corps livré pour vous ». Jusqu’à l’exhortation « Vous êtes le sel de la terre … », texte dans lequel Jésus ne nous demande pas moins d’avoir nous-mêmes de la saveur (Mt 5,13).


Le « trou normand » : avec trois extraits de film

Avant les ateliers gourmands et le long repas de dégustation, nous avons visionné puis débattu autour de trois extraits de films. Deux incontournables gourmandises : « Ratatouille » ou l’épopée du rat cuisinier des studios Pixar - Disney (2007) et le « Festin de Babette » de Gabriel Axel (1986). Puis en contrepoint et dégoût : la prise de médicaments de « Vol au-dessus d’un nid de coucou » de Milos Forman (1976).

En dessert : la connaissance savoureuse selon Jean de la Croix

Il faut aller plus loin que l’apparente radicalité du "nada" et de la "noche" pour lire vraiment la sensualité et l’audace des allégories qui parlent de l’élan amoureux et de l’intimité dont Jean de la Croix, passionné de Dieu, a fait l’expérience, à travers les émotions et le désir humains, dans une subtile articulation entre ascèse et saveur.
Dépendance amoureuse, désir, sens en éveil et reconnaissance à Celui qui est totale plénitude.


© P.Gui Lauraire

Digestif et conclusion : avec Annie Wellens (libraire et écrivain) et Maurice Merleau-Ponty (philosophe)

En conclusion de ce week-end, nous avons lu deux textes celui d’Annie Wellens qui rapproche dégustation œnologique et lectio divina ; puis celui, très dense, de Merleau-Ponty qui nous parle de l’indispensable silence « ce grand pays muet » nécessaire à l’élaboration de toute pensée et de tout langage

Nous étions rassasiés !
Sr Nathalie Le Gac 23/01/10

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